Fiscalité métaux précieux: quelles sont les règles de taxation ?
Quels sont les métaux précieux soumis à la réglementation ? Quelles règles spécifiques s’appliquent à la revente d’or ? Est-ce que les métaux précieux sont soumis à des règles fiscales pour la succession ou la donation ?
En France, l’achat d’or et d’argent d’investissement bénéficie d’un avantage de taille : il est exonéré de TVA. Si aucune taxe ne s’applique à l’acquisition, la fiscalité entre en jeu lors de la revente ou de la transmission. Selon votre situation et la durée de détention, différents régimes peuvent s'appliquer pour optimiser votre imposition.
Ce qu’il faut retenir :
- Lorsque vous revendez un métal précieux : l’un des deux régimes suivants s’applique : la taxe Forfaitaire (TMP) ou la Plus-Value Réelle (TPV) selon votre situation.
- A l’issue d’un héritage, les métaux passent dans l'actif successoral et sont taxés selon le barème des droits de succession.
- Si vous bénéficiez d’un don, les métaux sont soumis à la fiscalité des dons manuels sauf s’ils sont considérés comme présents d’usage.
- A compter de 22 ans de détention, si vous disposez de la facture, vous bénéficiez d’une exonération totale à la revente.
- Seulement 3 métaux précieux sont concernés par la fiscalité : l’or, l’argent et le platine.
Avant de rentrer dans le vif du sujet, rappelons ceux qui sont considérés comme « métaux précieux ».
Métaux précieux : définition
Un métal précieux est un élément chimique métallique rare, présent à l'état naturel, et qui possède une valeur marchande élevée en raison de ses propriétés physiques et de sa rareté géologique.
On en distingue traditionnellement huit, divisés en deux familles principales :
- Classiques : or et argent ;
- Groupe du Platine : platine, palladium, rhodium, iridium, osmium, ruthénium
Taxe sur les métaux précieux : lesquels sont concernés et sous quelles formes ?
Si l’on cherche la définition des "métaux précieux" au sens fiscal du terme, cette dernière est très précise et ne regroupe pas tous les métaux de valeur.
En France, en 2026, seuls trois métaux sont officiellement classés dans cette catégorie et donc soumis à la taxe sur les métaux précieux (TMP).
3 métaux concernés par la fiscalité
La loi (article 150 VI du CGI) limite strictement cette catégorie a :
- L'or (y compris l'or platiné).
- L'argent (y compris le vermeil et l'argent platiné).
- Le platine.
Les autres métaux comme le Palladium, le Rhodium ou l'Iridium, bien qu'extrêmement chers et rares, ne sont pas considérés comme des "métaux précieux" au sens fiscal puisqu’ils sont traités comme des biens meubles classiques.
Fiscalité à la revente : Quelles formes sont concernées ?
Pour l’or, l’argent et le platine, la fiscalité à la revente s'applique quelle que soit la forme, à condition qu'il ne s'agisse pas d'un produit fini "ouvré" (comme un bijou).
On peut donc retrouver toutes ces formes de métaux soumis à cette fiscalité :
- Métal brut : Lingots, barres, plaquettes, masses.
- Produits semi-ouvrés : Poudre, feuilles, fils, tubes, granules.
- Débris et résidus : Or dentaire, chutes de découpe, vieux objets destinés à la fonte.
- Monnaies : Les pièces d'or et d'argent frappées après 1800 (comme les Napoléons ou les Hercules) sont fiscalement assimilées à des métaux précieux.
Pour être considérées comme de l’or d’investissement, les pièces doivent répondre à plusieurs critères : elles doivent avoir une pureté d’au moins 900 millièmes, avoir été frappées après 1800, bénéficier d’une cotation quotidienne à la CPoR et être vendues à un prix n’excédant pas 80 % de sa valeur intrinsèque.
Différence entre « métaux précieux » et "objets précieux"
Certaines formes sont considérées comme des objets précieux et ne sont pas soumis à la même fiscalité que les métaux précieux. Il faut donc distinguer ces objets précieux :
- Les bijoux en or, argent ou platine : les bijoux ne sont pas logés à la même enseigne que l'or d'investissement (lingots/pièces).
- Les objets d'art et de collection, par exemple, une statuette en argent ou une pièce de monnaie frappée avant 1800.
- Les médailles ou jetons qui n'ont pas cours légal.
Règles de fiscalité des métaux précieux
Les règles fiscales spécifiques à la vente de métaux précieux suivent des règles bien particulières en matière d’imposition, de succession et de donation.
Imposition lors de la revente
Plusieurs régimes de fiscalité s’offrent à vous et s’appliquent lors de la revente de vos métaux précieux.
Le régime de la Taxe Forfaitaire (TMP)
La taxe sur les Métaux Précieux (taxe forfaitaire) est le régime appliqué par défaut lorsque le vendeur ne possède pas de facture d’achat ou de preuve de l'origine ou de la valeur d'acquisition.
En 2026, cette taxe s’élève à 11,5 % du prix total de la vente, comprenant 11 % de taxe et 0,5 % de CRDS.
Elle est calculée directement sur le montant de la transaction, indépendamment de la réalisation ou non d’un bénéfice. Ce système a l’avantage d’être simple, puisqu’il ne nécessite aucun document particulier attestant du prix ou de la date d’acquisition du métal.
Le régime de la Plus-Value Réelle (TPV)
Le second régime est la taxation sur la plus-value, qui peut être plus avantageuse lorsque l’investisseur dispose de la facture nécessaire et détient ses métaux sur une longue période.
Dans ce cas, la taxe est appliquée uniquement sur la plus-value réalisée lors de la vente. En 2026, le taux global est de 36,2 %, comprenant 19 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux. Un abattement de 5 % par année de détention est pratiqué à partir de la troisième année. Ainsi, plus la durée de détention est longue, plus la taxation diminue, jusqu’à une exonération totale après vingt-deux ans.
Succession : Fiscalité lors de la transmission des métaux précieux
Lors d’une succession, les métaux précieux (or, argent, platine) font partie intégrante de la succession et sont soumis à des règles fiscales précises au moment de la transmission aux héritiers.
En 2026, les métaux précieux sont considérés comme des biens meubles. À ce titre, ils entrent dans l'actif successoral et sont taxés selon le barème des droits de succession classique (après abattements, selon le lien de parenté).
Pour déterminer la valeur à déclarer au fisc, on utilise généralement le cours de l'or au jour du décès (en s'appuyant sur les cotations officielles).
Attention néanmoins, si vous ne faites pas d'inventaire, le fisc peut appliquer un "forfait mobilier" de 5 % sur l'ensemble de l'actif brut (maison, comptes, etc.) pour estimer la valeur des meubles et objets. Si vous héritez de lingots de grande valeur, il est souvent plus prudent de les déclarer précisément via un inventaire notarié pour éviter que leur valeur ne soit noyée (ou au contraire surévaluée) par ce forfait.
En cas de revente des métaux précieux par l’héritier, la fiscalité est la même que celle qu’il aurait eu si les métaux précieux étaient de son unique propriété. Il aura donc droit de choisir l’un des régimes suivants : la taxe forfaitaire ou la taxe sur la plus-value.
Donations de métaux précieux : Quelle fiscalité s’applique ?
Les métaux précieux sont soumis à la fiscalité des dons manuels, mais sous certaines conditions, cette transmission peut être totalement exonérée. Depuis le 1er janvier 2026, les règles de déclaration ont d'ailleurs évolué pour devenir plus strictes.
Le régime classique du don manuel
Si vous donnez un lingot ou des pièces d'or à un proche, cela est considéré comme un don manuel.
Le don est soumis aux droits de donation classiques. Cependant, vous bénéficiez d'abattements selon le lien de parenté (renouvelables tous les 15 ans) :
- 100 000 € par parent vers chaque enfant.
- 31 865 € par grand-parent vers chaque petit-enfant.
- 80 724 € entre époux ou partenaires de PACS.
Dans le cas où vous recevez le don, une déclaration est obligatoire. En 2026, elle doit impérativement être effectuée en ligne sur le site impots.gouv.fr par celui qui reçoit le don (le donataire) dans le mois qui suit.
Lorsque vous déclarez officiellement la donation, cela permet de dater l'entrée du métal précieux dans votre patrimoine. C'est ce document (le récépissé de déclaration) qui servira de preuve pour calculer la plus-value le jour où vous revendrez l'or, vous permettant ainsi d'échapper au seul régime sinon possible de la taxe forfaitaire.
L'exception du présent d'usage
Si vous offrez une pièce d'or (type Napoléon) ou un petit lingot pour une occasion précise (anniversaire, mariage, Noël), cela peut être qualifié de présent d'usage.
L’avantage c’est qu’aucune taxe et aucune déclaration n'est nécessaire à condition que la valeur reste raisonnable par rapport à la fortune et aux revenus du donateur.
La jurisprudence retient souvent un seuil informel autour de 2 % à 3 % des revenus annuels du donateur.
Quel choix stratégique pour votre fiscalité ?
Le choix du régime s’il est possible (preuve d’achat nécessaire) dépendra de plusieurs facteurs : selon que votre plus-value est faible ou conséquente et selon le temps restant avant l’exonération totale. Nous vous présentons un comparatif des 2 régimes pour mieux vous y retrouver.
| Critère | Taxe forfaitaire (11,5%) | Plus-value (36,2%) |
| Preuve d'achat | Non requise | Obligatoire |
| Rentabilité | Préférable si grosse plus-value | Préférable si faible plus-value ou détention longue |
Réduction de l’impact fiscal : nos conseils pour éviter les erreurs
Afin d’avoir le choix sur l’un des 2 régimes d’impositions nous vous conseillons de ne surtout jamais oublier de conserver et réclamer une preuve d’achat.
Dans le cas d’une succession, si l'or, l’argent ou le platine a été correctement déclaré dans la succession, l'attestation du notaire sert de "prix d'achat". Cela vous permettra de choisir la taxe sur la plus-value. Après 22 ans de détention (en comptant à partir du décès), vous êtes totalement exonéré d'impôt sur la revente. Si vous n’avez pas déclaré de l'or lors de la succession et que vous tentez de le revendre plus tard, vous ne pourrez pas prouver la date de début de détention. Vous serez alors taxé d'office de la taxe forfaitaire, sans aucun abattement possible.
Dans le cas de la donation, même si le don est inférieur aux abattements, déclarez-le. C'est le seul moyen pour le bénéficiaire de prouver plus tard qu'il possède cet or depuis longtemps et de profiter de l'exonération totale de taxe après 22 ans de détention.
Revente des métaux précieux : Obligations
Déclarer les plus-values lors de la revente
Si vous vendez à un professionnel, un particulier ou à l'étranger, il faudra remplir l'imprimé n°2091 (pour la taxe forfaitaire) ou n°2092 (pour les plus-values réelles). Vous disposez alors d’un mois maximum après la vente pour déposer ce formulaire et payer la taxe à votre service des impôts. Il faudra également penser à reporter le montant dans votre déclaration de revenus annuelle dans la case prévue pour les plus-values de cession de biens meubles.
Les documents indispensables
Si vous optez pour le régime de plus-value réelle, pensez à conserver :
- La facture d’achat à votre nom
- L’acte de succession ou de donation
- Le certificat d’authenticité (pour les lingots scellés).
Il y a plusieurs cas de figure auxquels s’applique la fiscalité sur les métaux précieux, il est important d'appréhender avec précision les régimes en cas de revente. Mais également lors de transmission pour pouvoir sécuriser son patrimoine à l’avenir. Nous espérons avoir répondons à vos interrogations sur les différents cas de figure pour lesquelles la taxation peut s'appliquer.
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